Troisième prix Jeunes 2014 : La fin d'un monde, de Vivien HERAUD

Publié le par bourgeonsdeplumes

LA FIN D'UN MONDE ?

 

De Vivien HERAUD

 

Texte classé 3ème catégorie JEUNES 2014

 

        

 

         Il faisait nuit, l’orage tonnait. Une fois rentré du collège, Antoine prenait son goûter puis faisait ses leçons avant de manger et de regarder le journal télévisé. Cependant, notre héros n’était pas vraiment comme nous, êtres humains. Comme tous ceux de son espèce, il possédait : deux bras, deux jambes, une tête, une bouche, deux yeux…. mais il n’avait ni articulations aux coudes, ni aux genoux : il semblait tendu. Sa planète semblait être la copie même de la Terre à une exception : les nuits pouvaient être très longues!  Antoine faisait les mêmes choses que nous et avait les mêmes habitudes. Ses yeux étaient bleus et pétillaient de vie, comme lui et sa curiosité !

         Mais ce soir-là, alors qu’il regardait le journal télévisé, le présentateur fit le sommaire et évoqua une nouvelle inquiétante. D’après les astrologues, le soleil exploserait donnant naissance à une puissante onde lumineuse dévastatrice appelée « supernova ». Si cela s’avérait vrai, toutes les planètes du système solaire seraient pulvérisées et disparaîtraient. Mais était-ce-vrai ?!

         Antoine était choqué. Ses yeux pétillants perdirent de leur éclat et se remplirent d’inquiétude !  Il se posa des questions, s’interrogea. Il en discuta avec ses parents qui alertèrent leurs amis et leurs proches pour en débattre. Tous se demandèrent ce qu’ils deviendraient ? Combien de temps leur restaient-ils ? Qu’allaient-ils faire ? Y avait-il un moyen de survie ? Mais déjà, était-ce vrai ou faux ?

         Le lendemain, tout le monde en parlait au collège. Même pendant les cours on en parla et on en débattit. Certains étaient tristes et devenaient amicaux avec tout le monde, d’autres restaient paralysés par la peur, tourmentés par d’innombrables questions ! Tout le monde s’aidait, était solidaire. En notre temps, cette soudaine fraternité était rare. Fallait-il vraiment en arriver là, pour  enfin s’entraider ?

Le soir, en rentrant,  Antoine se jeta sur le canapé pour regarder la télévision. Ses inquiétudes et ses interrogations submergeaient son esprit, il voulait savoir la vérité, lui qui était si curieux ! La rumeur fit la une des journaux. Les journalistes commencèrent par en parler mais disaient-ils la vérité ? En plus, tous ne disaient pas la même chose, la majorité d’entre eux avaient changé leur fusil d’épaule et disaient que la fin du monde n’était qu’une rumeur et que tout avait été inventé. Alors que certains maintenaient leurs propos et que, dans six jours, nous allions être les grands spectateurs de notre propre fin. Le doute s’installait partout : qui croire ?

 

         Cependant, quelques jours plus tard, les premiers signes, démontrèrent la vérité dans la tête des gens, il n’y avait plus aucuns doutes. Une imposante canicule s’abattit sur tout le pays et beaucoup de personnes âgées décédèrent sous les puissants impacts des rayons du soleil. Mais si là, c’était la sécheresse, dans d’autres pays d’écrasants et de gigantesques tsunamis dévastèrent les côtes et balayèrent les vies. Sur les îles, des ouragans violents éclatèrent tuant tous ceux qui s’y trouvaient. Par endroit, sur les terres, les séismes faisaient trembler les habitants et les volcans explosèrent ravageant les habitats. Toutes ces puissantes catastrophes naturelles n’étaient sûrement que le début … de la fin. 

         Antoine voyait les gens mourir autour de lui ou à la télévision ; parfois on apercevait des membres arrachés et disloqués ou des morceaux de corps et de chairs éparpillés. C’était  l’horreur !

         Le désespoir avait gagné les âmes des personnes qui vivaient encore et qui vivaient peut-être bien leurs derniers jours. Beaucoup de maisons étaient arrachées en deux ou totalement détruites ; voir devenues invisibles. Les gens s’aidaient et se réconfortaient comme ils pouvaient mais, petit à petit, ils mourraient et il y avait de moins en moins de personnes. Antoine s’aperçut que la lumière du soleil devenait de plus en plus faible et que cet astre s’affaiblissait d’heure en heure. Une fillette qui avait perdu ses parents lui agrippa la main et elle versa des larmes de souffrance et de chagrin, elle ne comprenait pas ce qui se passait. Il tenta de la consoler mais il se mit à pleurer à son tour. Pendant sept jours les habitants de sa planète et lui-même vécurent l’enfer mais firent aussi l’expérience de la bonté, la générosité et l’entraide. Mais fallait-il vraiment en arriver là pour enfin se montrer solidaire ?

          Avant de mourir ses yeux bleus tout affaiblis et pâles restaient émerveillés devant le soleil qui s’arrêta de briller et explosa en une puissante, éblouissante et astronomique lumière destructrice. Il disparut dans le noir et il s’éteignit. C’était la fin !

 

«Je m’en doutais ! Maman, Maman ! L’orage a grillé l’ampoule et elle a explosé alors que je jouais aux Playmobils ! J’ai dû les ranger dans leur caisse avec l’aide de ma lampe de poche, alors que je ne l’ai avait pas sortis depuis longtemps !

 

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